Daniel FERTIN

Le 31 août dernier Laurent Fignon s'échappait définitivement. Jean-Paul Vespini, journaliste spécialiste du cyclisme, signe aux éditions Jacob Duvernet une biographie du coureur parisien que la France avait découvert en direct lors de sa fantastique cabriole due à un bris de pédalier dans le final de Blois Chaville. Déjà professionnel il n'en était qu'à sa sixième année de carrière !

En plus du palmarès complet et détaillé, de la liste de tous ceux qui ont été ses équipiers, l'auteur détaille les premières courses du coureur à lunettes depuis ses premières courses en banlieue parisienne jusqu'au GP de Plouay en 1993 qui fut sa dernière course après un Tour de France où, au pied d'Isola 2000, il avait compris que cela en était fini pour lui. Bien sûr on n'oubliera pas ses principales victoires comme, dès sa première saison chez les pros, le Critérium International auquel il ajoutera deux Tours de France consécutifs, un Giro, deux Milan San Remo...

L'auteur nous fait revivre quelques grands moments comme ici au sommet de La Plagne en 1984. « Après le Galibier, après la Madeleine, il se montra très offensif dans la montée finale et s'en alla tout seul à 6 km du sommet. A cet instant, ceint du maillot jaune, comme la couleur de ses cheveux, il atteint au sublime dans un déploiement gratuit d'efforts, simplement pour la beauté du geste. A le croire, il ne forçait même pas : " je me baladais tellement que j'ai pris le temps d'admirer le paysage et même de regarder, quelques lacets en dessous, comment montait Hinault " »

Evidement l'épisode des 8 secondes dans le final des Champs Elysées en 1989 n'est pas passé sous silence et nous retrouvons au côté des articles de l'époque, des analyses avec le recul du temps d'un des plus grands moments du Tour de France.

« On devrait redonner de l'enthousiasme au coureur » disait celui qui restera à jamais parmi les derniers coureurs à l'ancienne. A l'issue de sa carrière, il ne souhaitait pas rester dans le milieu et surtout pas directeur sportif bien qu'il admette « qu'il reste beaucoup de choses à faire dans ce monde conservateur » . C'est pour appliquer ses méthodes qu'il rachète en 1999 Monde 6 et qu'il se retrouve à la tête, entre-autres de Paris Nice, après avoir organisé quelques cyclosportives. Bien vite, il comprend qu'il doit revendre, à perte, son acquisition, cependant il applique ses méthodes sur Paris Corrèze qu'il monte de toutes pièces en 2001 avec son ami Max Mamers et surtout dans son centre cycliste à Bagnères de Luchon.

Dans une émouvante postface, Bernard Hinault revient justement à la fin de cet ouvrage posthume sur le prix de la combativité qu'il remit à Bagnères de Luchon à celui qui se battait chaque jour contre la maladie pour commenter les étapes du Tour sur les antennes de France Télévisions.

ISBN 978-2-84724-310-9 18 €


Laurent Fignon, à gauche
photo : Daniel Fertin Tous droits réservés.


Page mise en ligne par

Consultez notre ENCYCLOPÉDIE sportive

nouvelles achat & entretien rouler au Québec hors Québec sécurité course cyclos montagne industrie quoi d´autre ?