photo : Daniel Fertin Tous droits réservés.

Belle performance de la sélection canadienne à Beuvry-la-forêt

Daniel FERTIN

Le GP de Beuvry-la-forêt, le 60ème du nom, n'a plus une sanction UCI depuis peu mais il vit encore sur son passé et sa réputation, grâce aux pavés, demeure. Cette année, le secteur pavé Marc Madiot, un infâme boyau de 1,4 km utilisé chaque année par les coureurs de tous les Paris-Roubaix (juniors, espoirs et pros) sera proposé 10 fois à l'occasion des 10 premiers tours de 9,5 km autour de Beuvry. Petite particularité tout de même, les 84 concurrents du jour vont emprunter ce chemin dans le sens inverse de la célèbre classique. Dans un sens ou dans un autre des pavés restent des pavés !

Les premiers arrivés sur place ont déjà effectué une reconnaissance des pavés. Hugo Houle s'empresse de montrer les photos à Vincent Jourdain qui débarque à son tour avec d'autres coureurs. Tout le monde rigole mais personne n'en connaît encore la difficulté à part Cody Campbell qui a déjà 2 Paris Roubaix espoirs au compteur avec son équipe Trek (2 victoires de son équipier Taylor Phinney).


Hugo Houle s'empresse de montrer les photos à Vincent Jourdain
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La sélection canadienne, puisque c'est d'elle dont il s'agit, s'est installée au début de la randonnée du Pavé du Roy, un clin d'œil au chemin du Roy où Arnaud Papillon avait remporté Québec-Montréal ou bien encore un autre clin d'œil à la belle Emilie qui vient de monter sur le podium des Championnats du monde de paracyclisme ?


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Dans la bonne humeur, en rigolant, mais tout de même en se posant quelques questions sur les roues à utiliser, la pression de gonflage, tout le monde se prépare. Vincent donne quelques recommandations en insistant sur le collectif, il annonce aussi qu'il a tiré un mauvais numéro, il sera 8ème voiture dans la file (il y a 17 équipes mais seulement 10 voitures d'équipes). Heureusement l'organisateur a prévu des voitures et des motos neutres.


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Sur la ligne de départ, les 4 Québécois m'interrogent sur les adversaires à surveiller, je leur en cite quelques uns. Un journaliste qui a entendu notre conversation ajoute « si tu dois n'en surveiller qu'un seul pointe le 66, Ramunas Navardauskas ». A l'arrivée nous aurons raison tous les deux, nos favoris étant devant.

Pierrick Naud n'est pas mal placé à la sortie du premier passage, pour protéger un équipier un coureur de Dunkerque a fait un trou et c'est Pierrick qui doit le boucher. Dans le tour suivant c'est Michael Joanisse qui s'embarque dans un groupe devant. La course se cherche un peu mais, à chaque fois, et en différents endroits sur les 1,4 km du pavé Marc Madiot, je vois toujours une feuille d'érable.


Michael Joanisse
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A la moitié des grands tours, ceux avec les pavés, 22 coureurs sont partis, tous les favoris (sauf Villeneuve-Saint-Germain) plus le 41 et le 45. Pour moi qui ne les connais pas c'est facile, le 41 porte le maillot de Champion du Canada donc l'autre, le 45, c'est Hugo Houle. Pour les habitués la course est pliée. Les 2 jeunes Québécois qui ne connaissaient pas leurs adversaires à surveiller, qui ne connaissaient pas le parcours, qui ne connaissaient donc pas la façon de courir ici ont réussi à flairer le bon coup. Maintenant sauront-ils tenir ? Il reste tout de même plus de 70 km dans un groupe où l'on retrouve le vainqueur de l'an passé accompagné de 3 de ses équipiers, 3 Douaisiens dont le Champion de France Anthony Colin, 2 coureurs d'Aix-en-Provence, 3 Marseillais avec le fameux 66, 2 Dijonnais, 3 coursiers d'Auber et quelques individualités qui ne sont pas là par hasard.

Deux Champions nationaux dans la bonne échappée, l'organisateur est heureux, moi aussi !


Arnaud Papillon
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Soudain la radio annonce crevaison du 41. Quel dommage. Très peu de temps après j'entends à nouveau la même voix qui note le retour d'Arnaud dans le peloton. Arnaud explique après sa course son changement de roue. « Quand je m'en suis aperçu j'ai appelé la moto d'assistance à mes côtés mais j'ai continué un peu à rouler car je savais qu'il y avait après un endroit propice à la relance après le dépannage ». Quelle marque de fraîcheur pour l'équipier Nativo Concept !


Pierrik Naud
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La course va se jouer sur les 5 fois 5 km autour de Beuvry. Ceux qui pourront s'échapper bénéficieront automatiquement de la protection de leurs équipiers. Le Lillois, mais il porte le maillot de Dijon, s'enfuit avec le Polonais de Pavilly Barentin Mickaël Olejnik. Personne ne veut vraiment faire le travail pour revenir sur eux. A 3 km de la ligne, 2 coureurs « s'envolent » Lalouette et Papillon ! Même à tire d'ailes il est trop tard pour qu'ils ne reviennent sur les 2 devant. Arnaud tente sa chance à la flamme rouge mais le Normand ne se fait pas lâcher, jusqu'au dernier millimètre, la lutte sera intense.

Pour la belle bagarre livrée par les Canadiens dans sa commune, le Maire de Beuvry-la-foret remettra une petite statuette souvenir à Arnaud Papillon qui aurait certainement préféré monter sur une des marches du podium. En plus de la statuette il ramènera dans ses bagages beaucoup d'expérience qui lui seront utiles dès aujourd'hui à Bavay et mardi au GP des Marbriers où il retrouvera les Spidertech et David Veilleux le Québécois de chez Kelly Benefit.


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