

par Sébastien Côté et Théo Maguire
pour le cours d'Histoire
Collège de Sherbrooke
Département de Sciences humaines
26 avril 1994
Dans cette biographie, nous allons décrire les événements de la vie de monsieur Patrick Maguire. Cet homme est né le 18 septembre 1914 à Saint- Sylvestre de Lotbinière. Pour mieux situer I'emplacement de ce petit village, on peut dire que c'est à environ 30 kilomètres de Thetford Mines ou si l'on veut, aux abords de la Beauce. De descendance irlandaise de par son père, il est de souche canadienne-française du côté de sa mère. Pour la présentation de cette biographie, nous allons diviser note recherche en cinq parties soit l'enfance, l'adolescence, la vie adulte, la vie des beaux jours retraités ainsi que notre analyse de sa vie.
Tout d'abord dans son enfance, Patrick a vécu dans une belle famille où il
était le cadet. C'était un petit gars solitaire et lorsqu'il avait envie de jouer avec des amis, il devait se contenter de ses grands frères puisque tous les voisins étaient éloignés du terrain familial. Comme tous les enfants de son âge, Patrick avait des activités qu'il préférait'particulièrement; son activité préférée était sans doute le hockey, c'était sa passion. Tout près de sa maison, il y avait un étang et l'hiver, lorsque l'eau était complètement gelée et qu'elle formait une belle glace lisse, tous les copains du village se retrouvaient pour une partie de hockey amicale. L'équipement était très rudimentaire : des patins faits à la main à l'aide d'une plaque de métal bien affûté, enlacée en-dessous d'une paire de bottines; le bâton était découpé dans une racine d'arbre; l'élément essentiel, la rondelle, était une
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Ensuite, l'arrivée tant détestée des boutons, soit l'adolescence. Durant cette
période, Patrick a travaillé d'arrache pied au moulin familial, ce qui a mis fin à ses études après la réussite de sa 7e année. Pour ses parents, les études étaient très importantes. Il avait des parents sévères qui lui apportaient un suivi académique. C'est sans doute pour cela qu'il a réalisé de si hautes études car, à cette époque, beaucoup de jeunes lâchaient l'école bien plus tôt pour travailler ou pour toutes sortes de raison. Après avoir arrêté l'école, il a travaillé au moulin de son père ainsi que chez des cultivateurs pour se procurer son argent de poche. Avec tout ce travail, il ne lui restait pas beaucoup de temps pour le social, quelques petites amoureuses, mais rien de sérieux. Il avait quelques activités qu'il aimait bien faire pour se reposer mais rien d'attrayant, pas de <
Enfin l'âge adulte, un gros 18 ans. Déjà très mature et travaillant pour son
âge, il envisage de quitter la résidence familiale. À 20 ans, il fait le grand saut, il part en appartement à Sherbrooke. À son arrivée, il ne connaissait personne. Mais comme les temps étaient durs, il était difficile de se faire un nom. Les emplois étaient rares, il fallait prendre ce qui nous passait sous les yeux. C'est alors qu'en 1935, un an après son arrivée, il décroche un emploi de laitier ce qui lui plaît beaucoup. Il se disait : « fini l'esclavage chez les cultivateurs, enfin un bon salaire et de bonnes conditions de vie! » Il a travaillé un an, comme laitier, pour ensuite poser sa candidature à l'usine Union Screen Plate à Lennoxville, sur la rue Queen. Son nom était sur la liste d'attente, mais il y avait beaucoup de noms en avant du sien. En 1937, en attendant une réponse de l'usine, il réussit à se trouver un nouvel emploi comme boucher, cette fois. L'usine U.S.P. étant fermée pour le temps de la crise économique d'avant-guerre, il pratiqua donc ce métier pendant quatre ans. Après cette crise, soit en l94l, l'usine réouvrait ses portes et beaucoup d'emplois ont été créés. Patrick Maguire devint alors un de leurs employés. Il a travaillé pendant 38 ans comme mouleur de bronze et d'aluminium à cette usine.
Patrick est un homme fier ayant une belle apparence ce qui a retenu l'attention
des yeux de madame Marguerite Simoneau. Après trois ans de fréquentation, ils
se sont mariés dans la période de la course au mariage pour retarder le départ à
la guerre. Leur mariage a été célébré le 22 avril 1942, à 6 heures du matin, dans
la paroisse St-Sacrement. Ceci lui a permis d'éviter l'enrôlement à la guerre. Le début de leur vie familiale n'a pas été sans peine. Après un an de mariage, ils ont donné naissance à une fillette qui décéda d'une crise d'asthme, à l'âge de 3 ans et demi. Mais ceci ne les a pas arrêtés, car ils ont eu trois autres enfants, deux garçons et une fille, en pleine forme, cette fois. Patrick était le seul de la famille à travailler; sa femme, Marguerite, restant à la maison pour veiller à la garde des enfants et effectuer les tâches ménagères. Dans ce temps-là, un seul salaire suffisait à faire vivre une famille, mais les dépenses étaient limitées. Sa vie d'adulte se résume en une petite vie de travail acharné ainsi qu'en sa présence constante au sein de sa famille.
Finalement venu le cap des 65 ans, la fameuse retraite bien désirée. Un an
avant le moment tant désiré, Patrick fut victime d'un accident de travail. Il s'est fracturé la colonne cervicale en tombant d'une échelle. Après quelques mois de convalescence, il put retourner au travail. Peu de temps après, c'est le grand jour, les grandes vacances, la retraite. Tout ceci, en 1979. Ils passèrent, sa femme et lui, une retraite heureuse : beaucoup de voyages, d'activités et de repas. Récompenses très bien méritées. À l'occasion, pour se tenir actif, il faisait de l'entretien ménager dans un commerce de son quartier, les portes Mackie. La partie dominante de sa vie de retraité fut les multiples voyages. Ils sont allés surtout aux États-Unis : Atlantic City, Boston, New Hamsphire, Massachussetts, et la place qu'ils ont le plus adorée fut Cape Cod, tout près de Boston. Pour leurs voyages, ils n'ont jamais voulu utiliser l'avion comme moyen de transport. La voiture, pour eux, reste le moyen de transport le plus sécuritaire. Depuis un an, en 1993, sa femme a des problèmes de santé, alors il est plus sédentaire depuis quelque temps. Mais ils ont quand même connu de bonnes années. Ils sont beaucoup optimistes quant à leur avenir, ils nous ont même dit que le meilleur reste à venir.
Tout au long de sa vie, le côté social n'était pas beaucoup présent mais cela
occupait une place tout au long de sa vie. Cela ne s'est pas déroulé sur une
période en particulier mais tout au long de sa vie. Ses chanteurs préférés
d'autrefois étaient Fernand Gignac, Nana Mouskouri, Aimé Major, ... et de nos
jours, surtout du classique et du style western en général. Les artistes et les
émissions de télévision étaient Séraphin, La famille Plouffe et maintenant ses
préférences sont des émissions comme Claire Lamarche, Jean-Luc Mongrain et il
il apprécie le hockey télévisé.
Pour ce qui est des party, il jouait aux cartes avec la famille, buvait du vin de blé, écoutait et chantait des chansons. Tout ceci se faisait à l'éclairage de la lampe à I'huile. Il n'était pas rare de voir quelqu'un fumer; Patrick était lui-même un bon fumeur. Il commença à l'âge de 13-14 ans sans la permission de son père. La boisson était présente partout et la bouteille de boisson forte se vendait 50 cents. La drogue était présente mais pas à ce point comme aujourd'hui. Patrick n'a jamais fait usage de drogue.
En terminant, voici une brève analyse de la vie de Patrick Maguire en fonction
des grands événements de I'histoire du Québec. Le premier événement fut la crise
économique de 1929, Patrick était âgé de 15 ans et travaillait pour 50 cents par jour, tabac et nourriture fournis. « Dans ce temps-là, il n'y avait pas de bien-être social : les gens devaient se débrouiller seuls », nous a-t-il dit. Pour la guerre 1939-1945, Patrick fabriquait des pièces pour les bateaux de L'armée américaine (Navy). Cette guerre s'est passée outre-mer, le Québec n'était pas en danger mais Patrick était au courant et attentif à cette guerre. L'étape de la crise d'octobre venu, les médias faisaient la une, mais la politique ne le préoccupait pas vraiment.
Patrick fait l'analyse du monde d'aujourd'hui en le comparant à celui
d'autrefois. I1 trouve que les dialogues ente les personnes sont plus « rought »
qu'autrefois, que les personnes sont hypocrites les unes envers les autres; qu'il y a beaucoup plus de violence dans le monde; que les inventions ne cessent
d'évoluer autour de nous; que les qualités de travail ont amélioré le sort des
travailleurs; et surtout, que le sport ne cesse d'augmenter côté violence.
Pour conclure, disons que la vie de Patrick en général, de son enfance à sa
retraite, se résume comme suit. Il a été un homme tranquille ayant un faible pour la vie sociale, par contre, le travail et la famille ont toujours dominé sa gestion de temps. Il a eu une vie active et c'est pour cela, que même à sa retraite, il n'a pas été capable de s'asseoir et de ne rien faire, il a voyagé et que le meilleur reste à venir.
Enfance
Mariage et vie familiale
Voici maintenant Patrick père. Il est photographié avec ses deux garçons, Guy et
Richard. Une fille est venue par la suite compléter la famille. Même s'il
travaillait beaucoup, il trouvait toujours le temps de s'occuper de ses
enfants. Il aimait bricoler pour eux des objets en bois ou en métal pour
les amuser.
Maintenant établi à Sherbrooke, il travaille comme laitier, boucher avant de débuter à l'usine Union Screen Plate de Lennoxville. Il commença comme
apprenti mouleur sous la supervision d'un mouleur d'expérience. Il fabriquait des moules de toutes sortes pour différentes compagnies. Les métaux utilisés étaient le bronze et I'aluminium.
Sa fierté
Moment tragique
Note du webmestre : Né le 18 septembre 1914 à Saint-
Sylvestre de Lotbinière, Patrick est décédé à Sherbrooke le 17 janvier 2006.

Patrick, Philippe, son père John, Eddy et Arthur

6 avril 1980
Patrick Maguire était un petit garçon solitaire. Tout près de chez lui, près de la maison, il y avait une digue avec quelques gros rochers. Cette digue
apportait L'eau au moulin à farine de la famille. L'un de ces rochers était un
endroit où il aimait aller se réfugier. 
Lazare Simoneau, Marguerite, Patrick et John Maguire le 22 avril 1942
C'est le grand jour. Le 22 avril 1942, Patrick Maguire épouse une sherbrookoise,
Marguerite Simoneau. Ce mariage fut célébré à la paroisse Saint-Sacrement à
6 heures du matin. Ceci était la coutume à l'époque de se marier très tôt en matinée. Ils firent leur voyage de noces à l'hôtel Nouveau-Brunswick de Richmond. Ils avaient pris le train de dix heures pour s'y rendre. Ils sont revenus le lendemain après-midi, Patrick devant retourner au travail le
jour suivant.
Patrick Maguire est une personne très fière. Il aimait et aime encore entretenir ses automobiles. Il en prend un soin jaloux. Il a toujours eu des autos récentes dont plusieurs neuves. Il faisait I'envie du voisinage.
À une année de sa retraite, il subit un accident de travail à l'usine de Lennoxville. Il est tombé d'une échelle et il s'est fracturé la colonne cervicale. Comme vous pouvez le constater sur cette photo, il a été immobilisé
sous ce plâtre durant six semaines. Sa convalescence dura six longs mois pendant
lesquels il dut faire très attention. Il s'inquiéta de son avenir, si près de sa retraite à savoir quelle vie lui serait alors réservée. Selon les
médecins, il aurait pu paralyser. Malgré tout, chanceux dans sa malchance,
il n'en garda aucune séquelle.
avec Stéphanie, 1978