Note du webmestre :
En août 2006, en lisant la Newsletter hebdomadaire RoadBikeRider.com, nous y avons découvert un paragraphe au sujet de la randonnée annuelle Boston-Montréal-Boston de 1200 km. On y indiquait que 137 valeureux cyclistes avaient entrepris la randonnée qui s'est déroulée du 17 au 20 août et que 116 l'ont terminée dans le délai de 90 heures.

Curieux de voir combien de Québécois s'y étaient aventurés, nous avons consulté les résultats pour découvrir que Sylvie Ménard, de l'Île Perrot, a été la seule représentante de la Belle Province !

Sylvie étant membre du Club de cyclisme Le Suroît, tout comme le webmestre des VÉLO NOUVELLES, nous l'avons contactée pour lui demander d'où lui était venue l'idée de participer à cette randonnée et comment ça s'est déroulé. Voici ce qu'elle nous raconte.

Boston-Montréal-Boston, une expérience inoubliable !

Pour moi, les longues distances ne datent pas de plusieurs années, comme la majorité des participants du BMB. J'ai fait de la compétition durant quelques années, comme amateur. Durant cette période, un ami m'a initié en me demandant de l'accompagner pour un brevet de 400 km.

Randonnée que j'avais adorée, mais qui en était resté là. En 2004, je n'ai pas fait de compétition et j'ai fait les brevets de 200-300-400 et 600 km. Brevets requis pour la participation au BMB ou Paris-Brest-Paris. 1200 km me paraissait trop imposant, donc je n'étais pas allée plus loin.

L'année dernière, j'ai fait un retour à la compétition. Et cette année, je cherchais des défis plus intéressants à relever. J'ai donc fait les brevets (qui ont d'ailleurs été faits dans des conditions pas très intéressantes, car il pleuvait tout le temps au printemps) et tenté un BMB. Ce fût vraiment une expérience inoubliable.

Les gens sont supers sympathiques (même fatigués) et toujours prêts à nous aider et l'organisation est géniale. Rien n'est oublié, du transport des bagages, ravitaillements, endroits pour dormir à la mécanique pour vélo.

Un délai de 90 heures nous est accordé pour compléter le trajet de 1200 km. Comme c'est un défi personnel pour chacun des participants, chacun le fait à son rythme. Certains le font en dormant de bonnes nuits de sommeil et d'autres le font en dormant le moins possible... certains ne dorment pas du tout.

C'est un peu pour cette raison que la plupart des gens roulent en solitaire, car il est très difficile de trouver des gens qui ont la même force que nous et qui ont la même fatigue au même moment. Mais l'important c'est de se rendre jusqu'au bout et d'être fier de ce que l'on a accompli.

Même si deux femmes sont arrivées avant moi, je suis très contente d'avoir pu faire un BMB en 66h, avec environ 1h30 de sommeil. Mais les paysages sont tellement formidables (Green Mountain, Lac Champlain) et j'adore rouler de nuit, que dormir devient un peu difficile.

Pour tous ceux qui sont intéressés, l'année prochaine c'est au tour du Paris-Brest-Paris. Randonnée qui sera sûrement des plus intéressantes, car il y a environ 4000 cyclistes pour une distance d'encore un fois 1200 km.

Voici, en plus détaillé, comment ça s'est déroulé.

Jeudi matin, 4h. Après le premier check point et les dernières consignes, c’est un départ.

C’était vraiment hallucinant de pouvoir rouler avec une centaine de cyclistes en pleine nuit. Quoique partie à la fin du groupe, je me suis retrouvée très rapidement parmi les 20 premiers cyclistes. Un peloton s’est formé et ça roulait à une très bonne vitesse. Nous sommes arrivés au point de contrôle de New Salem (120 km) avec une moyenne d’environ 29km/h.

Par la suite, les montées sont devenues un peu plus exigeantes et la vitesse du groupe ne diminuait pas. Donc, après 160 km, j’ai décidé de continuer seule, à mon rythme.

Ne prenant que très peu de temps dans les ravitaillements, j’ai pu retrouver le peloton lors du ravitaillement de Middlebury (376 km). Il était 21h et la moitié de ce peloton avait décidé de rouler durant la nuit. J’ai donc décidé de repartir avec eux.

Jusqu’à Rouse Point (520 km), ce fût un parcours assez difficile. En raison de la distance que l’on devait parcourir, le vitesse du peloton était un peu trop rapide pour moi. Ce fût d’ailleurs une très grosse erreur que j’ai faite que d’être restée dans ce peloton.

Au départ, il n’y avait pas de problème, je me sentais très bien. Mais vers minuit, j’ai commencé à sentir la fatigue. La vitesse du peloton demeurait élevée, mais je suis tout de même restée avec eux jusqu’à Rouse Point (520 km). Il était 2h30. Le peloton est reparti très rapidement. Ressentant un peu de douleur à mes pieds et mes jambes, j’ai décidé de prendre une douche, de me changer et de dormir… 30 min. Ce qui a fait toute une différence.

À 3h30, je suis repartie en direction de Huntingdon où j’ai finalement pu apprécier un bon sandwich au jambon, du melon et des supers bons muffins. Il était 7h30 le matin. Je n’avais jamais fait 600 km aussi rapidement. 27h30 pour faire la moitié du parcours.

Mais le retour fut un peu plus long à cause de la chaleur et du vent. Jusqu’à Rouses Point (678 km), pas de problème… on descend Covey Hill. Ensuite, le vent s’est levé, un vent du sud, et je me devais de traverser le Lac Champlain. Il faisait tellement chaud, que le seule chose que je pouvais manger c'était des fruits. Je suis donc arrêtée assez souvent dans des petits dépanneurs pour faire des ravitaillements de fruits et eau.

Malgré le vent, quel plaisir que de pouvoir rouler sur le bord du lac Champlain et de pouvoir admirer ce merveilleux paysage. Le soir, à Midlebury (826 km), j’ai fait une pause de 1h30, durant laquelle je me suis permis de dormir environ… 50 min.

Presque tous les cyclistes qui arrivaient à ce point de contrôle allaient se coucher, je suis donc repartie seule dans les montagnes. C’était vraiment spécial de monter des montagnes (Middlebury Gap et Killington) à 2000 pieds d’altitude en pleine nuit. Tout à coup, une chauve-souris s'est posée sur le devant de mon guidon. Et elle m’a frappée tellement rapidement qu’elle en est morte… De quoi se tenir réveillée !

Un cycliste m’a rattrapé après la montée du mont Killington et nous avons continué le parcours ensemble. On a ensuite eu droit à la visite d’un chevreuil qui est passé à quelques centimètres de nous. Mais je crois qu’il a eu plus peur que nous !

Arrivés à Ludlow (932 Km), vers 5h30, il y avait quelques cyclistes… qui dormaient. On est donc reparti après environ 30 minutes de pause. Mais après avoir gravi le Mont Terrible, j’ai dû arrêter sur le bord de la route pour me reposer sur l’herbe pendant environ 15 minutes. Et ensuite, c’était reparti.

J’avais perdu mon partenaire, mais je continuais à mon rythme. Après la montée du Mont Terrible, le parcours entre Ludlow (932 Km) et Battleboro (1020 km) descend presque tout le temps, ce qui est très appréciable après tous ces kilomètres. Il n’était que 11h30, samedi matin. La chaleur commençait à monter et entre Brattleboro et Newton, il y a 180 km. J’ai donc fait le reste du trajet assez tranquillement avec une longue pause d’environ 1h à New Salem (1082 km).

Après avoir eu droit à quelques gouttes de pluie durant la soirée, j’ai atteint Newton à 22h00, ce qui donne 66h pour faire le BMB. N’ayant fait qu’environ 300 km en peloton et le reste seule, je suis vraiment très satisfaite de ce temps.

L’organisation du BMB est vraiment exceptionnelle. À tous les points de contrôle, on a droit à des ravitaillements à volonté et des endroits sont aménagés pour les gens qui veulent se reposer et dormir, et le tout gratuitement. Vous pouvez même faire transporter des sacs à différents points de contrôle avec vos vêtements et choses nécessaires pour la route pour être sûr de ne manquer de rien et pour ainsi avoir le minimum à transporter avec vous.

Finalement, si vous avez le goût d’essayer quelque chose qui est hors du commun, il faut faire un BMB, vous ne le regretterez pas !



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