Népal
mai 2009

Namaste !

Oh là là... j'ai reçu des commentaires de mes fidèles lecteurs comme quoi le récit de mes aventures tardait un peu. Je reviens du Népal pas mal maganée, il faut me laisser le temps de revenir ! Je suis partie du Népal samedi à midi avec une belle foulure. Je suis partie de l'Inde à minuit et j'étais chez moi à Chicago avec un beau rhume le dimanche matin à 6am après un très court vol de 15 heures entre Delhi et Chicago. Vous, vous regardez les photos écrasés dans votre fauteuil mais peut-être que vous oubliez que pour prendre ces belles photos, il faut de l'énergie en titi pour grimper toutes ces montagnes ! Enfin, tout ça pour dire qu'à mon arrivée dimanche, j'ai eu la force de regarder mes photos mais pas d'écrire un long email. Et lundi matin, hop au bureau ! Enfin, enfin... j'arrête de chialer et voici le récit de mes merveilleuses aventures ! :)

C'est avec beaucoup de regrets que je reviens du Népal... :( J'ai tellement aimé ça, je serais restée beaucoup plus longtemps que deux semaines. C'est tellement loin que 2 semaines, ce n'est vraiment pas assez.

En effet, se rendre là-bas et revenir, c'est pas mal pénible mais ça vaut tellement la peine. Mon vol Chicago-Delhi (qui s'est plutôt bien passé puisque j'avais 2 bancs, j'ai dormi 8 heures et regardé 3 bons films) et j'avais une connection interminable de 14 heures en Inde. Ensuite, Inde-Népal, qui est un vol plutôt rapide. J'avais entendu des histoires d'horreur sur les douanes en Inde. Je m'attendais à un vrai chaos. À ma grande surprise, les 2 fois où j'y suis passée, il n'y avait pas un chat. À mon arrivée au Népal, c'était drôle... j'étais la seule blanche dans l'avion. Les douaniers m'ont sauté dessus et ont commence à m'examiner pour voir si j'allais empoisonner le Népal avec la grippe porcine ! Une fois à Katmandu, j'étais pas encore rendue. Il faut un bon 6 heures de route pour se rendre dans les montagnes. Et se promener en auto au Népal (ou si j'ai bien compris, partout en Asie), ça c'est une aventure ! C'est complètement fou. Il n'y a pas de feu de circulation, tout le monde dépasse tout le monde. Pour se rendre au début de la randonnée, nous roulions sur une toute petite route dans les montagnes. Mon chauffeur dépassait dans les courbes et il a manqué de me tuer à plusieurs reprises. C'était tellement excitant !

Enfin, je me suis rendue en un seul morceau dans la région d'Annapurna. Il y a 3 grandes régions au Népal où on retrouve les grosses montagnes. Annapurna en est une, Everest en est une autre. Lorsque j'ai rencontré mon guide privé, j'ai eu beaucoup de difficulté à retenir un fou rire. Il avait la couche au fesse, était maigre comme un chicot, il était plus petit que moi et j'étais plus musclée que lui. Il était mon guide et mon porteur en même temps. Comment allait-il faire pour transporter mon sac sans se casser ? Il me dit: "J'ai oublié 2 choses en venant ici. Mon rasoir et une carte". Il avait 2 poils au menton, donc vraiment, le rasoir, ça ne me dérangeait pas du tout. Mais pour partir dans la brousse pendant 2 semaines, une carte, c'est très pratique. Je lui ai fait savoir qu'on devait en acheter une. Bon... ça commence bien.

J'ai ainsi eu une pensée négative pour un bon... 2 minutes. Ensuite, pouf ! Toutes mes inquiétudes se sont envolées. Mon guide était un amour ! Tous les Népalais en fait. Ils sont tellement gentils. Très généreux et ils adorent les touristes. Du bon monde. C'était mon guide privé et il me traitait en vraie princesse. Tout un changement comparé à la guide psychopathe que j'ai eu en Corse. Avoir un guide à moi toute seule était vraiment l'idéal. C'est pas très cher et dans le fond, on faisait pas mal tout ce que je voulais. Le Népal est vraiment aménagé pour le hiking. C'est possible de partir pendant 30 jours avec son sac à dos dans la brousse sans manquer de rien. Il y a des refuges à toutes les 2 heures de marche. Dans chacun des refuges, on peut manger un repas chaud et y dormir. Tu veux une grosse journée, tu marches plusieurs heures, si tu veux une petite journée, tu marches jusqu'au prochain refuge. C'est très flexible, pas besoin de réservation. Tu fais juste te pointer avec un sourire. C'était la fin de la saison et les refuges étaient vides, ce qui était bien apprécié. Durant la saison forte, il paraît qu'il y a une file sur le sentier et parfois, il faut coucher sur le plancher des refuges. Je préfère avoir quelques nuages et être seule au monde dans les montagnes.

Lorsque j'ai acheté mon voyage, j'avais spécifié à la compagnie que j'étais pétante d'énergie et que je voulais un voyage difficile. En commençant la randonnée, ça n'a pas pris de temps pour que je regarde mon guide et lui dit : "Bein là... c'est ben trop facile, il faut faire ça plus difficile !" Le pauvre... c'était un tour privé, il n'avait pas le choix de me suivre ! Des fois, la journée se terminait trop tôt. Je lui disais donc : "on laisse les bagages au refuge et on grimpe une montagne qui n'est pas sur le parcours !". L'anglais de mon guide était moyen. Mais il y a une phrase qu'il répétait sans arrêt : "You... fast... You... active... You... too fast". Il traînait de la patte un peu. Je devais l'attendre la plupart du temps. Mais ça m'a pas dérangé du tout. Là-bas, c'était tellement relaxant. Les montagnes sont énormes, il n'y a pas un bruit. Des fois, je pouvais m'assoir sur une montagne et juste regarder le paysage en ne pensant à rien. Le travail a été pas mal rock and roll ces derniers mois que ça m'a fait pas mal de bien. Pas de blackberry, pas de téléphone, pas d'ordinateur.

J'ai rencontré du monde vraiment sympathique sur le sentier. On ne marchait pas à la méeme vitesse mais on se retrouvait la plupart du temps au même refuge le soir. Il y avait un groupe de 4 (3 Irlandais et 1 Allemande) qui marchait ensembles. On avait tous le même âge et j'ai vraiment bien rigolé avec eux. Ils étaient tous de vrais nomades. Leur vie était de voyager. Ils étaient sur la route depuis 3 ans. Ils obtiennent des visas dans différents pays et se trouvent des jobines un peu partout. L'Asie ne coûte vraiment pas cher. Avec l'argent des jobines, ils vivent pendant des mois ! L'Allemande voulait perfectionner son français donc je lui donnais des leçons. À un moment, c'était tellement drôle ! Les Irlandais ont commencé à parler d'un sujet épicé. Je pouvais clairement identifier le sujet, mais avec leur jargon irlandais, je n'ai RIEN compris! J'ai aussi rencontré un British qui venait de compléter le sentier des Appalaches. Ce sentier est une vraie aventure. Il faut commencer au sud de la Georgie et on monte le long de la côte Est des Etats-Unis jusqu'au Maine. J'ignore la distance exacte mais je crois que c'est environ 2000 miles de long. Ça prend 6 mois à compléter. Tu pars dans la forêt avec ton sac à dos et tu croises un village à tous les 8 ou 9 jours. L'Anglais a quitté son travail pour faire ce sentier. Il m'en a parlé beaucoup. À la fin, il était maigre comme un chicot et ça lui a pris 4 mois à se remettre sur pied. Ensuite, il est allé au Nepal pour découvrir les Himalayas.

En regardant le groupe de 4 qui voyageait sur un budget, j'étais bien contente de ne pas avoir de budget et d'avoir le meilleur équipement! J'ai passé pas mal de temps à magasiner du linge chaud mais léger puisque je dois le transporter. C'est pas donné mais que ça vaut la peine. J'étais à la fin de la saison donc souvent, je marchais dans de la bruine ou des nuages. Tant que tu bouges, ça va. Mais lorsque tu arrêtes pour la journée, ta première couche est mouillée et là, il fait froid. Très froid. Rendue à une certaine altitude, les douches ne sont plus disponibles. Il faut se laver avec un sceau d'eau. À un certain refuge, il faisait 8C et ça m'a pris 3 heures à me préparer mentalement à enlever mes vêtements pour aller me laver et me mettre au sec. C'est brutal. Plus tu montes haut, plus il y a de nuages, plus ton linge est mouillé, rien ne sèche et il fait froid ! Et oui, même pour une Canadienne. Je me faisais taquiner par tous les Européens.

Les personnes les plus à risque pour le mal de l'altitude sont... les coureurs. C'est bien connu. Je cours 10km par jour à Chicago. C'est pas très difficile pour moi de monter une montagne vite. Mais plus on monte haut, plus il faut aller lentement. Le plus haut que je suis allée cette fois-ci est 4130 mètres. Je suis déjà allée plus haut dans le passé, mais c'était toujours dans le contexte de grimper un sommet, y rester 5 minutes et redescendre. Cette fois-ci, j'ai passé une nuit là-haut. Il y a une grande différence ! Pendant la nuit, je me suis réveillée 4 fois avec l'impression que quelqu'un tenait un chiffon sur ma bouche pour m'étouffer et en essayant de respirer. Je me réveillais à bout de souffle en cherchant l'air pour essayer de respirer. Puisque je dormais en même temps, mon rêve se transformait toujours en cauchemar, je croyais que quelqu'un voulait me tuer. Le matin, j'en ai parlé aux autres et ça leur est arrivé aussi.

Il y a 14 montagnes dans le monde entier qui mesurent plus de 8000 mètres. Les deux plus hautes et plus connues sont l'Everest et le K2. Annapurna I est l'une d'entre elles et je me suis rendue à l'Annapurna Base Camp (l'ABC). Pour ceux qui désirent grimper jusqu'au sommet d'Annapurna, le Base Camp est le dernier refuge disponible. Ensuite, c'est du camping. On était à la fin de la saison donc je me croisais les doigts pour que les nuages disparaissent pour pouvoir apercevoir ces montagnes gigantesques. J'ai été chanceuse ! Ça s'est produit. Mais uniquement au lever et au coucher du soleil. La lumière n'était pas toujours la meilleure... au début, j'avais l'impression d'avoir manqué toutes mes photos. Mais après les avoir distribuées, j'ai reçu d'excellents commentaires. Il faut croire qu'elles ne sont pas si pires que ça.

Sur le sentier, tout le monde était jaloux de mon guide. J'étais entre de bonnes mains. Pour une soirée, j'étais dans un village avec 4 refuges. J'ai mangé et je suis allée rejoindre mes nouveaux amis dans un autre refuge qui était un peu plus loin du mien. On placote et le déluge commence. Je me dis que je vais attendre que ça passe pour aller me coucher étant donne que j'étais au sec. Mais vraiment, la pluie ne cessait pas ! Un vrai déluge. La nuit était tombée et soudainement, la porte de la salle à manger s'ouvre et mon guide apparaît. Je ne lui ai pas dit où j'allais. Ainsi, il a marché dans la pluie, il m'a trouvé pour... m'apporter un parapluie ! C'était tellement cute ! Les deux mecs irlandais m'ont repliqué : "Elise, tu devrais le ramener avec toi aux States. De toute façon, il est tellement petit qu'il rentrerait dans ton sac à dos !"

Pour la descente, j'avais encore beaucoup d'énergie donc j'ai allongé le parcours un peu pour profiter des montagnes pleinement. À ma dernière journée, je devais faire une descente de 2000 mètres. C'est beaucoup. Le voyage allait trop bien, il fallait qu'un petit quelque chose de croche se passe. Alors que je descendais des marches, je suis tombée et j'ai entendu le merveilleux CRACK habituel de ma cheville. Un bon crack. Je savais que si j'enlevais ma botte, ma cheville allait devenir grosse comme un pamplemousse. J'ai ainsi descendu le reste de la montagne avec une foulure. Je n'ai jamais marché aussi lentement dans une montagne. Mon guide m'a dit : "Finally ! You... slow." Il se plaignait toujours que j'allais trop vite, je crois que cette journée a été sa journée préférée. Mais je m'en serais passé. J'ai trouvé ça pas mal douloureux. L'avantage c'est que j'ai été capable d'avoir un siège dans l'avion avec "extra leg room" à cause de ma blessure. Pour un vol de 15 heures, ce n'était pas de refus.

Mis à part que ça prend un temps fou se rendre la-bas et la foulure, j'ai adoré mon voyage. C'était reposant, superbe et j'ai eu beaucoup de plaisir. La vie ne coûte rien, je me suis payée la traite en achetant un paquet de foulards pour mes amies. Même mes amis m'avaient passé leur commande pour leurs blondes. Je crois bien que je vais y retourner l'année prochaine. Probablement l'Everest, mais je vais devoir y penser. À ma première journée de retour au bureau, 2 employés se sont fait congédier. Lorsque j'ai demandé s'il y allait en avoir d'autres, on n'a pas voulu me répondre. C'est vraiment rassurant ! Mon bon ami Québécois à Chicago vient tout juste de perdre son emploi également. Ça me rend triste... il va sûrement devoir déménager à NY... Donc aujourd'hui, j'ai un emploi, demain, on verra. Je viens de découvrir que je peux vivre avec $5 par jour au Népal. Si je perds ma job, je vais déménager la pendant un bout!

Merci pour vos commentaires sur mes photos. J'apprécie beaucoup. Je viens tout juste de déménager et j'ai fait imprimer mes meilleures photos de mes voyages précédents. Les cadres sont maintenant sur les murs et j'ai organisé un housewarming party pour tous mes amis. Mes photos ont fait fureur ! J'ai fait exprès de laisser quelques murs blancs pour en ajouter d'autres.

Je vais au mois de juillet pour un petit voyage au Lake Placid. C'est drôle, je vais être dans la "High Peaks Region". Je crois que la plus haute montagne mesure 4000 pieds. Je reviens du Népal où j'ai vu des montagnes de 8000 mètres.... mon prochain gros voyage sera au Maroc au mois de septembre. Je vais aller grimper les montagnes dans le désert et me faire faire la cour par les mecs Arabes.

À la prochaine - Namaste !

Elise :)

L'Annapurna est un sommet de l'Himalaya du Népal. Il est le dixième sommet le plus haut du monde.

L'Annapurna comprend plusieurs sommets secondaires : * Annapurna I : 8 091 mètres
* Annapurna II : 7 937 mètres
* Annapurna III : 7 555 mètres
* Annapurna IV : 7 525 mètres
* Gangapurna : 7 455 mètres
* Annapurna sud : 7 219 mètres

L'Annapurna est le premier sommet de plus de 8 000 mètres à avoir été gravi, ceci par une expédition française en 1950. Cet exploit est rentré dans les annales de l'alpinisme car c'est le seul 8 000 himalayen à avoir été gravi dès la première tentative. Il reste à ce jour le 8 000 le plus dangereux de la chaine himalayenne avec un taux de mortalité très élevé : un mort pour deux ascensions réussies (un pour quatre au K2, un pour neuf à l'Everest)

La région de l'Annapurna est connue pour ses possibilités de trekking (le tour de l'Annapurna, etc.).

Le développement rapide et mal maîtrisé des randonnées en altitude, auxquelles s'adonnent chaque année plus de 30 000 adeptes