Maroc
septembre 2009

Je viens tout juste de passer un super voyage au Maroc. C'était ma première fois en Afrique et ma première fois dans un pays musulman. En partant, je ne savais pas trop à quoi a m'attendre. Finalement, ça a été un super beau voyage agréable et je reviens avec des bons souvenirs.

Mon voyage était une randonnée dans les montagnes Atlas, dans le centre du Maroc. Au total, il fallait monter 4 montagnes de 4000 mètres et plus, dont la montagne la plus haute du nord de l'Afrique, le mont Toubkal. Mon groupe était chouette. Sur 15 personnes, il n'y avait que deux couples, donc il y avait pas mal de marcheurs solitaires. C'est plus plaisant ainsi car chacun est plus ouverts aux autres.

J'ai choisi ce voyage un peu au hasard car les dates me convenaient et ça ne coûtait pas grand chose. Je n'ai pas vraiment prêté attention aux détails logistiques. Ça a vraiment été un de mes voyages les plus wild! J'avais déjà fait du camping dans les montagnes, mais jamais plus de 2 nuits consécutives. Cette fois-ci, c'était deux semaines! Avec tout ce qui vient avec. Ouf, je n'ai pas trouvé ça facile à tous les jours. J'ai tellement eu froid! Je n'ai jamais dit ça de toute ma vie mais à plusieurs reprises, je me disais "ah ce que j'aimerais être grosse, avec une protection naturelle contre le froid!" Une autre fois, je suis tombée comme il faut sur le derrière et je me suis dit qu'un peu de rembourrage naturel aurait amorti le choc.


Pour un groupe de 15 et 2 guides, on avait 9 mules qui transportaient nos bagages, les tentes, les matelas et la bouffe.
Nos bagages étaient restreints tout de même, que le strict minimum pour rester au chaud.

En passant deux semaines dans les montagnes sans eau courante, j'ai vraiment appris tous les trucs pour me laver. C'est très loin de ma vie de consultante qui voyage en première classe aux States! Mais dans le fond, c'est un peu pour ça que je fais ces voyages. Ils me font apprécier mon lit douillet et ma belle salle de bains propre à la maison.

Apres quelques jours à marcher au soleil, nous avons finalement croisé une rivière. Bon, c'est le temps de se laver. Mais c'était dans un village et il y avait plein de monde autour. Au Maroc, les femmes doivent se couvrir de la tête aux pieds. C'est la culture et, comme touriste, il faut respecter ça. Mais comment vais-je me laver devant plein de monde en essayant de rester couverte??? Il faut pas mal d'imagination, mais j'y suis arrivée. Je devais aussi laver mes longs cheveux (que ça prend du temps les laver... ) Je suis restée au total 20 minutes dans les rivière. Et l'eau n'était pas vraiment chaude. Je suis ressortie bleue. :) Mais un de mes meilleurs souvenirs vient de cette rivière. Alors que j'avais du shampoing plein les cheveux, trois enfants sont venus me voir. La langue des montagnes est le verber, la langue nationale est l'arabe et la deuxième langue apprise à l'école est le francais. Mais dans les montagnes, l'éducation n'est pas la même que dans les villes. Ainsi, les enfants ne connaissaient que quelques mots de français. Ils ont tous les trois tendu les mains en demandant: "monsieur, shampoing, monsieur, shampoing". On dirait qu'ils n'étaient pas encore rendus à l'étape de dire madame en français. Moi, ça me faisait sourire. Ainsi, j'ai partagé mon shampoing avec eux. Immédiatment, ils ont commencé à sauter partout d'excitation! Ils se sont jetés dans la rivière et se sont vigoureusement lavé les cheveux. Ils criaient et sautaient d'extase! Je n'ai JAMAIS vu des gens aussi contents de se laver les cheveux. J'ai vraiment fait leur journée en leur donnant quelques millilitres de shampoing. Et ils étaient très reconnaissants. Ces enfants étaient adorables.

La première semaine, on grimpait la première montagne de 4000 mètres. Monte, monte, monte, il fait froid. Je prends des photos au sommet. Je commence à descendre et bang. Je ne me sens pas bien. Mais vraiment pas bien. Je me sentais faible, j'avais un mal de tête fou, j'étais étourdie et je marchais comme si j'étais complement saoule. Je ne pouvais marcher droit. Eh oui, le mal de l'altitude m'a frappée de plein fouet. Pourtant, je suis déjà allée plus haut dans le passé. Et là j'ai commencé à avoir un peu peur. J'étais vraiment en plein milieu de nulle part dans les montagnes. Il n'y avait pas d'issue. La seule façon de partir est de se faire emmener par l'hélicoptère. J'étais tellement malade que je voulais abandonner le tour. Être malade à la maison, ce n'est pas agréable mais au moins on est au chaud, avec une belle salle de bain collée sur la chambre. Être malade en camping, c'est une autre histoire. Finalement, on est redescendus un peu et j'ai repris du poil de la bête. Mais j'étais inquiète pour la semaine suivante. Pour la deuxième partie du voyage, il fallait monter les trois autres montagnes de 4000 mètres en trois jours de suite, en commencant par Toubkal. J'avais peur d'être malade encore en remontant si haut.

J'en ai parlé à mes deux guides, qui étaient d«,ailleurs des amours. Je les ai adorés, ce qui a fait bien changement de la sorcière à qui j'ai eu droit lorsque je suis allée en Corse. J'étais la plus jeune du groupe et je me suis fait dire par les autres que les deux guides étaient particulièrement gentils avec moi. Et bien... c'est la dure réalité d'être une jeune femme qui voyage seule dans un pays arabe. Excellent pour l'égo! Mes guides m'ont dit: "Elise, arrête de courrir dans les montagnes. Vas-y lentement et tu vas être capable de faire les 3 montagnes. De toute façon, on ne va pas te laisser ne pas monter la plus haute montagne du nord de l'Afrique". J'avais tellement peur d'être malade a nouveau que pour les trois ascensions, je me suis mise la dernière du groupe, derrière l'aînée, et je me suis forcée à monter à pas de tortue. Finalement, j'ai réussi à monter les 4 montagnes de 4000 mètres, mais avec tout un mal de tête. Notre campement était à 3200m, ce qui est pas mal haut. Les guides m'ont donné plein de médicaments pour alléger les migraines.

Donc, j'ai reussi mais... est-ce que je vais encore m'embarquer dans une pareille aventure? Je ne sais pas. Être malade dans les montagnes était inquiétant. Mais j'ai quand même super apprécié et j'ai pris des belles photos, dont une photo a chacun des sommets en montrant avec mes doigts le numéro de la montagne.

Faire du camping, c'est du sport mais en même temps c'est très reposant. Une fois arrivée au campement, j'ouvrais mon livre et je passais des heures à lire. Une fois la nuit tombée, je n'avais pas d'autre choix que de me coucher tôt et dormir. À part lire, dormir et parler aux autres, il n'y a absolument rien d'autre à faire. J'étais obligée de relaxer.

À la fin du voyage, j'ai passé un après-midi à Marrakech. J'avais mes réserves à me couvrir parce que je suis une femme. Mais une fois rendue là, je me suis dit qu'il fallait mieux avoir du plaisir. Moi et ma coloc de tente, on s'achetait des foulards et on essayait plein de façon de se l'enrouler sur la tête pour se cacher les cheveux. C'était le fun! Mais ce qu'il fait chaud sous ces foulards!

Les foulards sont maintenant rendus ma marque de commerce à Chicago. J'en achète partout où je vais dans le monde. Ça coûte rien dans ces pays. Ainsi, avant chaque départ, mes amies de fille me passent leur commande et mes amis hommes me demandent d'en acheter pour leur compagne. Il y avait un super marché à Marrakech et ça a été très facile de faire mon magasinage. Tout se passe en français, donc c'était pratique pour marchander. Il y avait aussi plein de charmeurs de serpents. J'ai tellement crié fort lorsque j'ai vu mon premier cobra! Evidemment, tout le monde a ri de moi!

Mon transfert pour l'aller et le retour était à Paris. J'ai un collègue français qui a fait un échange aux Etats-Unis pendant quelques années. Il est maintenant de retour à Paris. Je lui ai dit que j'allais être de passage à Paris pour deux nuits et il a été tellement gentil! Il m'a hébergée et a joué au guide touristique. À mon arrivée, j'étais un peu sonnée par le décalage et il m'a emmenée en balade à vélo. Oh la la... une ballade à vélo à Paris n'est pas tout a fait la même chose qu'une ballade à Ville Saint-Laurent à Montreal! Les rues sont hyper étroites, il y a plein de circulation, les voitures viennent de partout, les autobus te frolent d'un millimètre... j'avais les deux mains qui tenaient le guidon vraiment serré et j'essayais d'avoir des yeux tout le tour de la tête. J'étais super alerte. L'attitude de mon collègue était pas mal différente. Une main sur le guidon, il tenait son blackberry de l'autre et écrivait un email en même temps, il était cool et bien relax. En nous regardant les deux, disons que ce n'était pas difficile d'identifier la touriste! Il m'a aussi emmenée dans une petite fête où j'ai rencontré des Canadiens et des Américains. C'était chouette.

Revenir d'Afrique était un retour plutôt sportif. Marrakech - Paris dimanche, Paris - Chicago lundi, Chicago - Los Angeles mercredi. Ça, c'est plusieurs heures de vol et pas mal de changements de fuseaux horaire!

Elise :)