Desert Rats, juin 2012


Jour 1, 18 juin 2012

Bonjour tout le monde!

Je viens tout juste de revenir d'une vraie de vraie aventure qui s'appelle Desert RATS (Race Across The Sand). C'est une course à pied dans le désert et les montagnes de 235km en 5 segments. Le départ est à Grand Junction au Colorado et l'arrivée est à Moab en Utah. Comme si ce n'était pas assez difficile comme ça, les coureurs sont obligés de courir avec un sac à dos qui inclut tout l'équipement de survie.

Le point de rencontre pour le départ était Moab. Moab, ce n'est vraiment pas la porte d'à côté. Je suis partie de chez-moi en Ontario à 4h00 am et j'y suis arrivée en passant par Denver à 5h00 pm, heure des montagnes. 15 heures! La route entre Denver et Moab est vraiment belle. J'ai traversé les Rocheuses et une fois dépassé Vail, boum on est dans le désert! C'est comme s'il n'y avait pas de transition entre les 2 climats. En descendant de ma voiture de location très inconfortable à Moab, ma première pensée a été "Ouch! Je suis dans le pétrin"! Je me suis fait attaquer par la chaleur. Il faisait CHAUD, CHAUD, CHAUD. Imaginez le plus chaud qu'il existe et sérieusement, c'est encore plus chaud à Moab. Le désert au mois de juin, c'est certain que c'est chaud. Mais à ce moment-là, il y avait en plus une vague de chaleur. Je ne pensais jamais pouvoir être capable de courir 235km.

Je suis arrivée à Moab un samedi soir et la course commençait le lundi suivant. J'ai décidé d'aller faire une randonnée à Canyonlands pour m'acclimater à la chaleur le dimanche. Après 4 heures, je n'étais plus capable d'avancer, il faisait vraiment trop chaud. Je n'étais pas confiante pour la course. Le dimanche soir, nous avons eu une réunion pré-course. Nous étions 27 coureurs et certains m'ont demandé: "C'est ta première année, n'est-ce pas? À voir l'expression sur ton visage, tu as l'air terrifiée!" Et je l'étais! Il faisait vraiment trop chaud pour courir. Je me suis dit d'y aller une journée à la fois et de voir comment ça irait. De toute façon, presque tous les autres coureurs venaient du sud des Etats-Unis et avaient déjà fait la course avant. Comment pouvais-je compétitionner contre eux?

Journée 1 (32km): J'ai pesé mon sac-à-dos avant le départ, il pesait 13 livres (ça, c'est lourd). Tout le monde monte dans l'autobus pour aller à Grand Junction, 2 heures de route. On commence à courir à 13h30, en plein milieu de la grosse chaleur du jour. Le paysage était vraiment vraiment magnifique. Je me suis dit d'y aller molo étant donné la chaleur et étant donné que c'est juste la première journée. Après 22km, je devais me battre contre un vent très violent. J'ai décidé d'économiser mon énergie pour le reste de la course et j'ai marché les derniers 10km. Mon temps : 4h42. 26 coureurs ont franchi la ligne d'arrivée.

Journée 2 (63km): Le directeur de la course nous avait prévenus que la journée 2 était la plus difficile, même si ce n'est pas la distance la plus longue du parcours. Il a été très honnête en nous disant que nous allions souffrir le martyre... et il avait bien raison. Je bougeais bien pour les premier 20km et je me suis rendue au pied d'une bonne montagne. J'ai tellement eu de la misère à monter, il faisait chaud. Une fois rendue en haut, tout a commencé à aller mal pour moi. Mon eau était rendue de la tisane bouillante et je n'étais pas capable de boire. J'étais déshydratée, j'étais confuse et je marchais comme une alcoolique. Dans toute la journée, il n'y avait que 2 stations d'aide (ce n'est pas beaucoup). Je me suis finalement rendue à la première et j'ai dit aux bénévoles que je voulais abandonner, je ne filais vraiment pas bien. La Québécoise n'était pas capable d'endurer la chaleur. Il y avait un étudiant en médecine de 20 ans à la station. Il m'a assise à l'ombre, m'a mis des compresses glaciales et a commencé à me crier après: "Là tu prends un break, tu manges, tu bois de l'eau froide, arrête de te plaindre, retourne sur le sentier et rend- toi à la ligne d'arrivée!" Je n'en revenais pas qu'un ti-pit de 20 ans me crie après de cette façon ! Mais ça a marché! Je suis retournée et j'ai continué à avancer. Très lentement. La température au sol était de 58C. Oui oui, 58C. C'est chaud en titi. J'avais vraiment l'impression d'être dans un four et j'étais en train de cuire comme un muffin.

Et le sentier était long, long, long, il ne finissait pas. J'arrive à la 2e station d'aide à 16h. Il me restait 16km pour franchir la ligne d'arrivée et le cutoff time était à 20h. À la vitesse que j'allais, je n'étais pas certaine de réussir mais j'ai continué à avancer. C'était un très long 16km et j'étais crevée. Le photographe est passé 2 fois en voiture pour m'encourager à avancer et il me donnait ma distance restante en milles. Ça me rendait folle! À 58C, je n'avais plus les capacités intellectuelles pour faire la conversion en km!!! Ce n'était pas possible de voir la ligne d'arrivée de loin, il fallait vraiment aller dans un endroit retiré, faire un dernier virage pour enfin arriver à la fin. De sorte que personne ne pouvait vraiment voir arriver les coureurs de loin. J'étais à 30m de la fin et tout le monde était en train de placoter, personne n'avait remarqué que j'arrivais. J'ai commencé à crier "I'm coming, I'm coming, I'm coming!!!". Je suis arrivée à 19h12, mon temps : 11h42. Une fois arrivée, l'équipe médicale m'a étendue sur un lit, a pris mon poids, mon pouls et a appliqué des compresses froides partout sur mon corps. J'ai perdu 8 livres et mes pieds étaient couverts d'ampoules.

Seulement 17 coureurs sur 26 ont terminé cette journée-là. On a annoncé que 2012 était la deuxième année la plus chaude depuis que la course a été créée. 11h42 pour 63km, c'est très poche comme temps. J'étais un peu démoralisée et j'avais vraiment mal aux pieds. Le coureur qui détient le record de Desert RATS était là et est venu me parler. Il est un super coureur d'élite de l'Arizona et cette journée là il a abandonné car les conditions étaient trop terribles. Il m'a dit: "Tu étais toute seule pendant presque 12 heures dans un vrai four en train de cuire et tu n'as pas abandonné. J'ai beaucoup de respect pour toi".

Journée 3 (15km): Ce matin là, sans farce, je ne pouvais pas mettre mes chaussures à cause de mes ampoules. L'équipe médicale m'avait fait des bandages la veille mais quand même, mettre les chaussures était une vraie torture. J'ai boité les 3 premiers km et soudainement j'ai été capable de courir jusqu'à la fin. 17 coureurs ont fini. Mon temps : 2h10. À cette étape de la course, j'étais classée 16e sur les 17 coureurs restants. Et oui, j'étais avant-dernière mais j'étais toujours dans la course.

Journée 4 (84km): Aujourd'hui, on monte, on monte, on monte, cette satanée montagne n'arrête plus d'être haute ! Mais, étant donné qu'on monte en altitude, il fait moins chaud. Il fait quand même extrêmement chaud, mais c'est moins pire que 58C. Mon premier 45km s'est très bien passé, j'avais un super rythme. J'étais dans la première moitié des coureurs. Et soudainement, BANG! Je commence à avoir une réaction à la chaleur. Mes cuisses étaient couvertes de boutons et ça chauffait, chauffait, chauffait. Ça commençait aussi sur mes bras. Et je vous entends dire "Bein... tu ne t'es pas mis de crème solaire?" Bein oui, je mettais de la 60 en quantité industrielle, mais ce n'était pas assez. Cette journée-là, mon sac à dos était encore plus lourd car je devais transporter des v êtements pour la nuit. À 16h30, je brûlais tellement que je n'étais plus capable d'avancer. Je n'allais pas bien. J'étais désespérée, donc j'ai pris des mesures désespérées. Même si le soleil brûlait toujours autant, je me suis changée pour la nuit, c'est à dire un pantalon noir avec un manteau de pluie. Il faisait CHAUD là-dedans, mais au moins, je ne brûlais pas. Ça m'a permis de continuer à avancer.

J'ai atteint la dernière station d'aide lorsque la nuit tombait. À partir de ce point, il me restait 3km à monter et 10km à descendre. Avec le soleil parti, je me sentais bien et j'avais encore de l'énergie, mais mes pieds étaient en compote. J'avais plein de nouvelles ampoules. Le cutoff time était à 3h30 am et il était 21h30, j'avais amplement le temps de me rendreà la ligne d'arrivée. Je marchais toute seule dans le désert en regardant le ciel étoilé. Il était vraiment beau le ciel! Parfois, je devais prendre un petit break pour mes pieds. Je me couchais sur le sol en mettant mes pieds sur mon sac à dos et je regardais les étoiles. Il approchait minuit et je me disais que je devais surement être proche de la fin. Soudainement, j'entends un énorme brouhaha: des voitures qui klaxonnent, des gens qui crient, des sifflets, des cloches de vaches... Bon, je le sais que rendue à ce point, j'étais un peu fatiguée mais pas au point d'imaginer ça dans ma tête. Un coureur qui a abandonné cette journée-là vient à ma rencontre. Je lui demande ce qui se passe. Il me répond: "Ben voyons Elise, les gens t'attendent! Il te reste 800m à parcourir pour franchir le fil d'arrivée, GO!" Il était presque minuit et tous les bénévoles, toute l'équipe médicale, tous les autres coureurs étaient toujours debout pour m'accueillir. C'était vraiment un super beau moment! Le vacarme a recommencé pour les coureurs qui sont arrivés à 1h00 am et c'était encore plus fort pour le dernier coureur arrivé à 2h am. Cette journée-là 15 coureurs ont franchi la ligne d'arrivée. Mon temps : 16h38 et j'étais maintenant classée 13e sur 15. Hourra, je n'étais plus l'avant-dernière!!!! J'avais 37 minutes d'avance sur le 14e, un mec de Chicago.

Journée 5: REPOS!!! Ce qui est bien, car il y avait une tempête de sable. J'ai dû porter un bandeau autour de mon visage pour pouvoir respirer et manger était tout un challenge. À la seconde que la nourriture était sur l'assiette, elle était couverte de sable.

Journée 6 (42km): À ce point-ci de la course, mes pieds étaient dans un piteux état. J'avais un nombre incalculable d'ampoules. Pourtant, je n'ai jamais eu d'ampoules dans le passé, c'est vraiment une réaction à cette terrible chaleur. Aujourd'hui, on monte de façon pas mal à pic pour les premiers 10km et ensuite, on descend jusqu'à Moab. Je n'ai pas honte de l'admettre, j'ai effectué la montée en pleurant. J'avais tellement mal aux pieds!!! Ça avait été clairement communiqué que ce n'était JAMAIS arrivé qu'un coureur qui a complété les 4 premières étapes abandonne à la 5e. Je n'allais certainement pas écrire l'histoire cette journée-là. Après 10km, j'ai décidé de prendre des Advils. Et ça marche! La douleur est disparue. Mais à ce point-là j'étais vraiment la dernière coureuse. À 32km j'atteins la dernière station d'aide. Je reprends des Advils et j'ai décidé que je ne voulais pas être la dernière à franchir la ligne d'arrivée. Aussi je ne voulais pas vraiment finir avant-dernière au classement général. Je le savais que le mec de Chicago avait une bonne avance sur moi, mais j'ai quand même décidé d'essayer. J'ai vraiment accéléré dans le dernier 10km (je voulais tellement finir!) que j'ai dépassé 6 coureurs! J'ai terminé la course sur un sprint et yeah! Finalement, j'ai franchi la dernière ligne d'arrivée. Pour apprendre que le mec de Chicago m'a battu par exactement 37 minutes. Pour la première fois de l'histoire de Desert RATS, deux coureurs ont terminé avec exactement le même temps. Nous nous partageons la 13e position avec un temps final de 41h47.


Fin de course, 23 juin 2012

Finalement, nous étions 27 coureurs au départ et seulement 15 ont franchi la dernière ligne d'arrivée. Être 13e sur 15, ce n'est pas super glamour. Mais étant donné que j'habite au Canada, que je cours des ultra-marathons depuis seulement un an, je suis bien contente d'avoir terminé une des courses les plus difficiles aux Etats-Unis. En plus, je ne suis pas arrivée dernière, et je ne suis pas arrivée avant-dernière, c'est super! :) En fait, les trois derniers venaient du Canada et de Chicago. Tous les autres venaient du Sud des Etats-Unis, donc ils sont habitués au désert.

À la remise des prix en soirée, le directeur de la course nous a assuré que c'était une des pires années à cause de la chaleur. Les temps étaient très lents. Le record est 21h27 et le gagnant cette année a eu un temps de 30h04. Les coureurs qui font la course en moins de 30h reçoivent un prix spécial. L'année dernière, 4 l'ont gagné, cette année, personne! C'était une année brutale. De sorte que si nous voulons la faire de nouveau, c'est certain que ce sera plus facile. Le directeur a ajouté que si on s'inscrivait la journée même pour 2013, on obtenait 50% de rabais! Bein... je ne pouvais pas passer à côté d'une offre aussi incroyable! Je suis retournée à mon hôtel pour aller chercher mon chèquier (c'est bien la première fois que j'utilise des chèques en vacances...). Il m'en restait UN! Et voilà, je l'ai utilisé et je suis officiellement inscrite pour l'année prochaine, he! he! he!

Le lendemain, je m'étais prévue une journée pour faire de la randonnée... mais vraiment, je n'arrivais pas à me tenir sur mes deux pattes! J'avais trop mal aux pieds. Je me suis quand même rendue à Arches National Park pour prendre quelques photos. Cette journée-là, j'ai commencé à faire la file pour acheter de la crème glacée et j'étais incapable de me tenir debout. J'ai dû apporter une chaise dans la file d'attente! Enfin... pour la semaine qui a suivi la course, j'ai mangé comme une goinfre. Sans farce, je ne pouvais plus m'arrêter. J'ai perdu du poids là -bas, je l'ai repris bien assez vite :)

Ainsi, c'était une super belle aventure que j'ai adorée! Il y avait un photographe professionnel sur les sentiers et certaines photos sont vraiment pas mal bonnes. Aussi, j'ai un vieil ami qui est maintenant entraîneur. En entendant parler de ma course, il m'a félicité sur sa page Facebook. Ça a l'air qu'il est copain avec un acteur connu au Québec qui fait aussi des ultra-marathons. Cet acteur connu m'a contacté pour me féliciter de mon exploit.

Elise :)


Run from Grand Junction, Colorado to the world famous Moab, Utah along the beautiful 148-mile Kokopelli trail. Distances will range from day to day between 9 and 50 miles. This is a grueling event that will challenge the most seasoned athletes yet it is designed so that less experienced ultrarunners can train for and successfully complete the course.

The entire length of the trail is stunningly beautiful with jagged canyons and breathtaking vistas and Desert R.A.T.S. racers experience every beautiful mile. www.geminiadventures.com/new/?page_id=374

A 235km footrace in the desert of Utah with a 13 pounds backpack. 2012 was the second hottest year since the race was created in 2006 and Elise makes it look effortless. Way to go Girl ! Anyone up for the challenge ?

Day 1 (32km): 27 starters, the race started at 1:30pm in the heat of the day. I was strong for the first 22km, but then we had to fight a violent wind for the last 10km. I decided to save up my energy for the rest of the race and slow down. 26 finishers, my time was 4h42.

Day 2 (63km): I ran the first 20km, but then the heat kicked in. The temperature on the pavement was 58C. I really got dehydrated and started acting drunk. Coming to the first aid station, I was in bad shape and really wanted to quit. I couldn’t handle the heat. A 20yr old med student started yelling at me: “Drink, Eat, and get out there to FINISH!”. I could not believe I was getting yelled at by a kid, but it did the trick. I kept moving, but very slowly. I didn’t think I could make the 8pm cutoff, but decided to give everything I got. It was HARD! I crossed the finishing line at 7:15pm, limping because of the blisters. The medical team took my pulse, put me on a bed and took care of me. I was 8 pounds lighter. I felt terrible and was ashamed of my time. The record holder of the race, an elite runner from Arizona who actually quit that day because the conditions were so bad, started to talk me. He said: “You were out there all alone baking in the heat for almost 12hrs and you didn’t quit. I have a huge amount of respect for you”. That meant a lot to me. 17 finishers, my time was 11h42.

Day 3 (15km): That morning, I literally could not put on my shoes because of the blisters. I started the race limping and I was in pain. After 3km, I suddenly felt better and ran until the end. 17 finishers, my time was 2h10.

Day 4 (84km): Today, we are going up and up and up. The climb was just never ending. The backpack was heavier that day because we had to carry our night gear. I was pretty strong for the first 45km, but then I started to have a heat rash. It was so bad that I came to a point that I could no longer move. Desperate time, desperate measure. At 4:30pm, the sun was still really strong. I changed for my night gear, which was a warm rain jacket and my black skins. It was so hot, but at least I could move. When the sun came down, I still had 13km to go. My energy level was still high, but the blisters on my feet were really bad at that point and I could no longer run. I decided to walk until the finishing line. I was all alone in the desert looking at the stars. Suddenly, right before midnight, I started to hear a LOT of noise: people screaming, cars honking, cow bells, whistle, etc. I didn’t get it. A volunteer came to find me and I asked: “What is going on”? He answered: “Elise, people are waiting for you. You still have 800m to go. RUN!” It was an amazing feeling, I could not believe everyone was still up to cheer me up. The same story happened for runners coming in at 1am and 2am. 15 finishers, my time was 16h38.

Day 5: REST! Which was a good timing, we got a sand storm!

Day 6 (42km): At that point, my feet were in pretty bad shape. I’m not ashamed to admit I cried a couple of times while I was going uphill in the first 10km. I then had the genius idea to take a couple of Advils. It did the trick and could run again. I wanted to finish this race so badly, I started to speed up and actually passed 6 runners in the last 10km. And then, finally, the last finishing line. What a relief! 15 finishers, my time was 6h35.

Overall, we were 27 runners to begin with and only 15 runners made it to the finishing line. My final time was 41h47. I ranked 13th, which is not great, but given I’ve only been running ultras for a year, I’m very happy I finished one of the toughest race in North America. This year, I survived to Desert RATS. I’m already signed up for 2013 and next year, I want to compete!!!! More than once during this race I thought “Pain is temporary, quitting last forever”.

compte-rendu également publié sur le site de la course

Lu sur facebook le 30 juin 2012 :
Decisions, decisions, decisions.... This weekend, I need to figure out what to do with the Canadian Death Race. Do I:
(1) Run it and hike around in the Rockies for a couple of days
(2) Run it, hike in the Rockies and then race a 12hrs in Washington State
(3) Fly in and out to run it and save my vacation days to do other cool races and meet more awesome ultra-runners...

I'll make a decision by Monday. There are a lot of bears out there and I'm not sure I want to hike all alone out there. Plus....there are so many other cool races to run. I have 24 days off + holidays, so it's good.