L´Everest
novembre 2010

Bonjour à tous!

Oh la la… Alors là, en m’en allant à l’Everest, je savais que ça allait être un voyage exigeant, mais je ne m’attendais pas à ce que mes aventures soient aussi folles ! Je suis revenue de peine et de misère en un morceau et je suis encore en train de me remettre sur pied.

Ce voyage, je l’avais super bien préparé. J’étais bien équipée et j’étais prête pour partir. J’avais même une super stratégie pour le décalage. Manulife est géant en Asie et c’est fréquent que les Canadiens vont s’y rendre pour y travailler quelques années. En juin, j’ai un collègue qui est parti pour Hong Kong pour une durée de 3 ans. Je suis allée à son party d’adieu, je lui ai souhaité bonne chance mais je ne le connaissais pas vraiment. Mon vol pour me rendre au Nepal partait de Toronto la nuit pour arriver à 5am à Hong Kong. Ma connection pour le Népal était à 5pm ce qui me laissait une journée de libre pour visiter Hong Kong. Je me suis fait dire par mes autres collègues de contacter celui qui venait juste d’y emménager, même si je ne le connaissais pas. Je me suis dit pourquoi pas ? Il a été très gentil et on s’est donné rendez-vous. Ainsi, pour ma journée de départ, ma stratégie était de m’épuiser le plus possible avant de partir pour pouvoir dormir dans l’avion et être en forme à Hong Kong. J’ai fait ma journée de travail comme d’habitude, j’ai couru 14 milles (qui est plus qu’un demi-marathon), je me suis rendue à l’aéroport et bu 2 drinks forts avant l’embarquement. Résultat : je me suis écroulée et endormie dans l’avion pour 11 heures de suite ! Je me suis réveillée, j’ai regardé 2 films et j’étais rendue !

De l’aéroport, c’est super simple de se rendre au centre-ville de Hong Kong. Il y a vraiment beaucoup de monde dans cette ville ! Et le coût de la vie est exorbitant. Hong Kong est sur une montagne et pour me tenir réveillée, je suis partie d’en bas et j’ai montée jusqu’en haut à l’observatoire. Il y a une belle vue sur la ville, un peu comme le Mont-Royal à Montréal, mais il y avait pas mal de nuages donc aucune de mes photos n’était bonne. Je me suis pointée à l’heure pour rencontrer mon collègue. Finalement, une femme m’accoste et me demande si je suis Elise. Elle m’explique que son mari (mon collègue) s’est foulé la cheville la veille et que c’est elle qui me sortira à la place! Elle a été très gentille. Elle m’a emmenée dans un très bon restaurant chinois du centre-ville et m’a fait goûter plein de mets chinois. Délicieux. Aussi, elle m’a parlé de son nouveau style de vie là-bas. Ils ont vraiment un super deal de Manulife ! Leur loyer coûte 7500$ canadiens par mois ! Pas de blague, ca coûte vraiment cher là-bas. Manulife s’occupe de la facture et ils reçoivent une allocation de 25 000$ par année pour voyager ! Ainsi, ils retournent au Canada une fois par année et utilisent le reste pour voyager en Asie le reste de l’année. La mode à Hong Kong est d’avoir une nannie, donc sa femme profite vraiment de son temps là-bas! Si je veux y aller, j’aurais droit au même package !

Pour ma randonnée au Népal, j’ai utilisé la même compagnie que l’année dernière. J’avais eu une bonne expérience avec mon guide, donc j’avais le même cette année. Lorsqu’on s’est retrouvé, son premier commentaire (en anglais rudimentaire) a été : “You… smaller comparing to last year”. J’ai trouvé ça drôle ! Conséquence directe de ne plus manger la bouffe grasse des américains et de ne plus travailler comme consultante ! L’année dernière, à la fin de la randonnée, j’avais invité mon guide à un bon resto pour célébrer. J’avais commandé une bouteille de vin et il refusait d’en boire. Il m’explique que son père abusait de l’alcool et qu’il avait comme règle de ne jamais en boire. Je lui avais quand même versé une coupe et l’avais supplié d’au moins goûter. Je crois qu’il a bu 3 gorgées et j’avais fini par donner la bouteille à un couple de Français dans le restaurant. Cette année, lors de notre première journée de marche en montagne, il me dit : “Depuis que je t’ai rencontrée l'année dernière, je bois désormais du vin, de la bière et du whiskey !” Oups !

Il y a 2 façons de se rendre à l’Everest. La première est de faire ce que j’ai fait, conduire jusqu’à Jiri et marcher pendant 10 jours jusqu’à l’aéroport de Lukla. Dans le temps, c’était la seule option possible. La deuxième façon est de prendre l’avion et d’atterrir à Lukla. De nos jours, c’est la méthode la plus populaire. Pour mon voyage, j’ai décidé de conduire pour y aller et prendre l’avion pour le retour. C’est supposé prendre 8 heures conduire à Jiri. Mon chauffeur l’a fait en 6. Ce voyage était vraiment une torture. Il allait beaucoup trop vite, il y avait plein de ups and downs et après 4 heures de route, j’ai crié, je suis sortie de la voiture et ai déversé le contenu de mon estomac sur le bord du chemin. J’allais recommencer 2 heures plus tard et on était rendu. J’ai passé le reste de la journée au lit et j’ai dormi de 2pm à 6am le lendemain!

Mis à part le voyage pour se rendre aux montagnes, la première semaine s’est très bien passée. C’était une randonnée de 10 jours que j’ai faite en 5. C’était pas mal sportif ! On n’était pas très haut en altitude et la température était parfaite. Toutefois, ça prend toujours quelques jours à l’estomac pour s’habituer à l’altitude. Ainsi, je n’ai mangé que des bols de riz pour 5 jours et je marchais au moins 9 heures par jour. J’ai pris une photo de mon estomac à la troisième journée : il n’était pas très gros! Etant donné que presque tous les touristes se rendent désormais à Lukla, il n’y avait presque personne sur les sentiers et plusieurs refuges sont maintenant fermés. Ce qui nous a joué des tours ! Des fois, on voulait s’arrêter pour manger un lunch et tout était fermé. La dernière journée pour se rendre à l’aéroport était pas mal difficile. C’était une super longue distance et il fallait la faire en une journée. Après avoir mangé du riz pendant 5 jours, c’était dur ! On s’est rendu de peine et de misère. Rendue presqu'à la fin, j’étais pire qu’une enfant de 5 ans. A toutes les 5 minutes je demandais : “Est-ce qu’on est rendu ? Est-ce qu’on est rendu ?” Finalement, après des heures interminables de marche difficile (sans blague, mes cuisses tremblaient), on s’est rendu et il y avait de la nourriture! Oh là… j’ai mangé un souper énorme !

e Après ce marathon de 5 jours, je commençais ma montée en altitude. Quand on monte haut, il faut y aller lentement pour s’acclimater à l’altitude. Ainsi, j’avais une journée de congée à 3500m dans un village très chouette. Après mon marathon sans rien manger d’autre que du riz, j’étais affamée. J’ai passé toute la journée à manger tout ce qui me tombait sur la main. C’était complètement ridicule ! Pâtes, pizza, café, jujubes, chocolat et même de la bière! Leur bière locale s’appelle Everest. J’adore ! C’est une bière légère qui n’a absolument rien de spécial mais quand même, j’aime le nom. Et boire en altitude, ça fait pas mal d’effet! C’est de la 5% et après en avoir bu 2 cannes, j’étais pas mal gorlot!

Quand on monte en altitude, les journées de marche ne sont pas très longues. Ça laisse pas mal de temps pour rencontrer d’autres marcheurs et lire. J’ai rencontré plein de monde et entendu plein d’histoires sur l’Everest, j’ai adoré ! En autre, j’ai rencontré une Suisse française. Elle a passé 8 ans au Népal et parlait parfaitement le langage local. C’était spécial de l’entendre passer du français au népalais ! J’ai rencontré un autre Français qui se plaignait qu’aucun vin français n’était disponible sur les vols de Dragon Airlines, un compagnie asiatique (il faut bien juste un Français pour se plaindre de ça…). Durant ma première semaine, une personne s’est blessée, l’hélicoptere est parti pour lui porter secours et il a foncé dans une montagne. Le pilote et le co-pilote sont morts. J’ai rencontré un couple de Vancouver qui marchait avec un homme qui est tombé d’un pont sur des roches. Il s’est cassé plusieurs côtes et s’est perforé les poumons. Il était toutefois chanceux dans sa malchance car il est tombé à côté d’un endroit où l’hélico pouvait se poser. J’ai aussi rencontré un Sherpa qui avait couru le marathon de l’Everest ! Ce marathon n’est pas facile ! Les coureurs mettent trois jours pour se rendre au départ, le camp de base de l’Everest, à 5400m d’altitude. Les 42km descendent en montagne jusqu’au village où je me suis empiffrée à 3500m d’altitude. Le Sherpa avait mis 6 heures pour le courir. C’était chouette, à tous les jours j’entendais des histoires différentes. Il y en a des péripéties qui se passent à l’Everest !

Donc, je commence ma montée en altitude. Le paysage est absolument magnifique! C’est magique. Mais, le prix à payer pour monter en altitude est pas mal cher. Durant mon marathon de 5 jours, je prenais des douches le soir, même s’il faisait froid et je me suis retrouvée avec un bon rhume une fois arrivée à 3500m d’altitude. Au début, je croyais vraiment que j’avais attrapé froid à cause des douches en plein air, mais rapidement je me suis aperçu que vraiment tout le monde était malade ! Mal de gorge, le nez qui coule et la toux. La toux était vraiment le pire. Et plus tu montes haut, plus tu tousses profond. Avant de partir, j’essayais de planifier combien de rouleaux de papier de toilette apporter pour mon périple de 3 semaines. Finalement, j’ai comblé tous les espaces vides de mon sac à dos avec des rouleaux, me trouvant complètement ridicule et en étant convaincue que j’en apportais beaucoup trop. Et bien une fois rendue là-bas, a avoir le nez qui coulait à flot, j’étais bien contente d’en avoir apporté toute une provision. Finalement, j’ai utilisé mon dernier rouleau à ma dernière journée, donc j’en avais vraiment apporté juste la bonne quantité !

Donc le rhume, c’était une difficulté. Mais le plus difficile était vraiment le froid. Il n’y a pas de chauffage dans les montagnes. Pendant la marche le matin, ça allait car j’étais en mouvement, mais étant donné que j’étais pas mal haut en altitude, je ne pouvais marcher de longues distances. Ainsi, je terminais de marcher vers 11h am et j’avais le reste de la journée… à ne rien faire et à essayer de rester au chaud. Il y a des foyers dans les salles à manger mais les Népalais ne le partent jamais avant 4h pm. Donc, essayer de rester au chaud en ne faisant rien entre 11am et 4pm, c’est long. Aussi, les Népalais ne comprennent vraiment pas le principe du chauffage. Ils partaient le foyer et laissaient les fenêtres et les portes grandes ouvertes ! La Canadienne en moi a essayé de leur enseigner, mais vraiment, ça n’a rien donné. L’autre truc est de boire des boissons chaudes mais plus tu montes en altitude, plus les toilettes deviennent horribles… mais vraiment horribles. Tellement dégueulasses que malgré toi, tu arrêtes de boire et de manger pour minimiser les visites au petit coin. Ce qui est en fait la pire chose à faire car plus on monte haut, plus il faut boire d'eau pour rester hydratée. L'autre désagrement est l'effet secondaire de prendre le médicament contre le mal de l'altitude. C'est diuritique! Pendant la journée, ce n'est pas la fin du monde, mais durant la nuit, alors qu'il fait en bas de zéro et que j'étais toute emmitouflée dans mon sac de couchage, c'etait une torture de m'en sortir pour aller au petit coin ! J'en ai parlé aux autres randonneurs et c'était vraiment pour tout le monde! Vers 11pm, la vessie est sur le point d'exploser et c'est impossible à ignorer. Il faut y aller ! Même si j'étais bien équipée, le froid était toujours présent et avec mon envolepage naturel très volumineux, j'ai vraiment vraiment eu froid. À chaque minute, je rêvais à mon bain tourbillon dans ma nouvelle maison !

Donc, pendant la deuxième semaine, le soleil était présent et je me suis rendue à Gokyo qui est le highlight de la randonnée. Le camp de base de l'Everest est un glacier et c'est très décevant. Ça ne vaut même pas une photo mais les gens y vont pour dire qu'ils l'ont fait. La place où aller est Gokyo et c'est à cet endroit que le paysage est le plus beau. Il y a le village de Gokyo qui est à 4800m d'altitude et c'est possible de monter Gokyo Ri, une montagne de 5350m. C'est au sommet de cette montagne qu'on peut voir l'Everest. Le chemin pour se rendre à Gokyo est magnifique : il y a 3 lacs d'une couleur absolument superbe ! Aussi, il y a un magnifique glacier et j'ai également eu la chance de bouquiner dans la librairie la plus haute au monde (c'est vrai, je n'invente rien !). Alors, pour monter cette fameuse montagne de 5350m, je me suis levée avant les poules et j'ai commencé ma montée à 5am. Le soleil a commencé à se pointer à 6am. J'étais dans la noirceur pendant 1 heure. Dois-je spécifier à quel point il faisait froid ??? J'étais bien habillée mais mes bottes de hiking ne sont pas des bottes de ski, elles ne sont pas doublées à l'intérieur. Je ne sentais plus mes orteils, j'étais complètement gelée! Et contrairement au ski, je ne pouvais me réconforter en me disant que j'allais bientôt pouvoir me réchauffer dans un chalet, il n'y a pas de chauffage la haut ! Enfin, je me suis rendue en haut, j'ai pris des photos, mon guide m'a indiqué l'Everest et j'avais tellement froid que j'en avais rien à cirer, je voulais redescendre :) Beaucoup trop froid pour moi là-haut. Mais, je l'ai fait, je me suis rendue en haut, mission accomplie. J'ai vu le plus beau paysage de la randonnée.

Je suis redescendue et je me suis rendue au prochain refuge. Le lendemain, j'étais supposée escalader un mur de roches pour pouvoir me rendre au Base Camp. C'est une montée dangereuse car c'est un mur où les roches tombent et il y a risque de se faire écraser par une d'elles. Et c'est exactement à ce moment que la "maudite" troisième semaine a commencé et que mon voyage a tourné au cauchemar. Une fois rendue au refuge, j'ai commencé à avoir un mal de tête très très violent. Les nuages sont arrivés et la température a littéralement chutée. Il faisait froid, très froid. À cet endroit, j'étais à 4700m et le mur grimpait jusqu'à 5400m. La montée prend environ 6 heures. Donc 6 heures sans refuge, sans possibilité de s'abriter du vent ou de boire une boisson chaude pour se réchauffer. Je me suis levée le matin et on était dans un nuage. On ne voyait RIEN. Au pied du mur, il faisait -3C. Au sommet, ç devait sûrement être -10C. J'ai commencé à me demander combien d'orteils je perdrais si je faisais la montée. Et aussi, il y avait le risque de me faire écraser par une roche et que je ne la vois pas arriver car on était dans un nuage et on ne voyait rien. Soudain, je me suis réveillée et je me suis dit "Ben voyons donc ! Tu es en vacances ! Tu ne vas certainement pas te blesser ou perdre un orteil pour une montée stupide !" L'idéal aurait été d'attendre une journée pour faire la montée et attendre une belle journée ensoleillée. Mais tous les jours de mon itinéraire étaient comptés et je ne pouvais pas attendre une journée. J'ai donc décidé de ne pas faire cette foutue montée et je suis redescendue. Tout le monde dit que le Base Camp est hyper décevant et que ça ne vaut pas vraiment la peine. Donc, j'étais confortable avec ma décision. J'ai commencé à descendre et à chaque pas que je faisais j'étais de plus en plus fière de ma décision. La météo est devenue horrible ! Encore plus de nuages et de la neige. Il faisait tellement froid, c'était terrible !

J'avais vu le plus beau, il faisait froid, je voulais m'en aller des montagnes. Quand j'ai rejoint un des principaux villages, j'ai appris que ça faisait 3 jours que tous les vols pour sortir des montagnes étaient tous annulés à cause de la mauvaise météo. Les touristes s'accumulaient à Lukla et étaient coincés. Je dois spécifier ici que l'aéroport de Lukla est le plus dangereux au monde. Encore une fois, je n'invente pas ! La piste d'atterissage/décolage est en pente sur une montagne et elle est très courte. Je dirais environ 100m. Au bout de 100m, tu espères que l'avion va décoller car après la piste, c'est une falaise ! Et, pour ajouter un peu de piquant, juste en face de la piste de décollage, il y a une montagne, de sorte qu'il faut faire un virage immédiatement en décollant. Et c'est une tour de contrôle népalaise... elle est sur le point de s'écrouler et je doute qu'il y a toujours quelqu'un au poste. Au printemps, un avion a décollé et a foncé dans la montagne d'en face. Tous les touristes dans l'avion sont morts. C'est pour toutes ces raisons que s'il y a des nuages, tous les vols sont annulés. Novembre est un des meilleurs mois pour la région, et c'est très anormal d'avoir des nuages 3 jours de suite. La seule façon de sortir des montagnes est de payer un hélicoptère.

Il me restait quelques jours de marche pour me rendre à l'aéroport alors je me croisais les doigts pour que les nuages disparaissent. Les jours passaient et les nuages persistaient... tous les vols continuaient à être annulés. Les touristes prisonniers des montagnes s'accumulaient... J'ai voyagé dans plusieurs pays du tiers-monde et je suis maladivement prudente avec la bouffe. Pendant trois semaines, je n'ai mangé que des pâtes, des nouilles, du riz, du pain, du pop corn et des patates. Pas de fruits, pas de légumes, pas de viande, ce sont les 3 règles d'or pour ne pas être malade. À deux jours de mon départ des montagnes, j'ai mangé des patates pour souper. Mon estomac faisait des bruits bizarres toute la soirée. Je suis allée me coucher et j'ai été malade, mais tellement malade ! Je me réveillée au milieu de la nuit pour une autre visite aux toilettes et probablement du fait que j'étais très déshydratée, je ne voyais rien, j'étais déséquilibrée et j'ai complètement foncé dans un mur. Comme dans un cartoon, j'ai complètement revolée et je me suis écroulée par terre. J'ai crié et j'ai réveillé tout le monde dans le refuge. Le lendemain matin, j'avais hyper mal au poignet et j'avais le pouce en sang. Je me suis pas manquée! Et après cette fameuse nuit, mon organisme n'a rien accepté pour une semaine entière! J'ai dû passer 4 jours complet au lit. Être malade, ce n'est pas plaisant. Mais c'est encore pire quand il n'y a pas de chauffage et quand les toilettes sont dégueulasses.

Même en étant malade, j'espérais que les nuages disparaissent pour que je puisse partir. La journée de mon départ, on ne voyait rien. Pour la 7e journée de suite, tous les vols étaient annulés. On était 1000 touristes coincés à Lukla ! Le village n'est pas assez grand pour recevoir 1000 touristes. C'était un vrai bordel. Les gens couchaient par terre dans les salles à dîner. Mon guide avait des bonnes connections et j'ai été capable d'avoir un lit pour une journée. J'étais vraiment malade, j'étais au bout du rouleau et je voulais juste partir! Et j'avais tellement froid. Ma seule solution était l'hélicoptère. Et cette situation m'a tellement mise hors de moi. Les Népalais ont vraiment pris avantage de la situation. Le premier jour où les vols sont annulés, ça coute $350 US pour l'hélico. La deuxième journée, ça monte. La troisième, ça monte encore plus et ainsi de suite. Les touristes doivent aller prendre leur vols internationaux. L'hélico coûte moins cher que de racheter un billet de dernière minute Népal - Toronto. Donc, les touristes vont payer le prix pour se faire sortir des montagnes. Mais il y a quand même des limites... le tourisme est le plus gros secteur de leur économie, les Népalais devraient être gentils avec nous. La journée de mon départ, qui était la 7e journée consécutive ou la météo était mauvaise, le maudit prix était à $800 US. Je n'avais pas l'argent cash sur moi, donc j'ai utilisé ma carte de crédit. Comme si ce n'était pas assez, la surcharge pour utiliser la carte de crédit était de 15%! Et la carte de crédit me charge un supplément car je paie en Rupees!!! J'étais furieuse !

Le prix, c'était une chose. Il faut trouver un billet d'hélico! Et rien n'est organisé au Népal. Il n'y avait pas de file d'attente pour obtenir un billet. Il fallait vraiment le chercher. Mon guide était totalement inutile. Il s'est assis et n'a rien fait. J'étais malade, j'avais de la misère à me tenir debout. Mais je voulais partir ! J'ai finalement trouvé un billet, j'ai payé le prix ridicule et j'ai attendu l'hélico.

L'histoire ne s'arrête pas là ! Maintenant, je dois prendre l'hélico pendant une heure pour sortir et on ne voyait RIEN ! L'hélico arrive et le pilote nous dit qu'il faut attendre un peu pour partir car les nuages étaient vraiment épouvantables. Je ne me sentais pas bien, j'en ai profité pour aller aux toilette. J'étais malade! Alors, j'étais vraiment affairée, très occupée à être aux toilettes et soudainement, mon guide entre dans les toilettes des femmes en panique pour me dire que l'hélico est en train de décoller! Oh oh.... C'était pas le bon moment... En une seconde, je suis sortie et j'ai sprinté à l'hélico. Je me suis assise et allez hop, on a décollé ! On ne voyait RIEN. Ça a été le vol le plus stressant de toute ma vie. Il y avait juste le danger de frapper une montagne et de mourir car on ne voyait RIEN, et pour ajouter un peu de piquant, mon estomac faisait des bruits très très inquiétants. Je me suis répété pendant une heure de temps "Explose pas. Explose pas. Explose pas". Finalement et heureusement, je n'ai pas eu d'explosion en plein vol, mais j'ai souffert le martyre. J'étais blanche comme un drap quand j'ai atterri. Horrible ! Finalement, après 9 jours de mauvais temps à Lukla, le gouvernement s'est réveillé et a envoyé l'armée. Une fois l'armée arrivée, le prix pour l'hélico était fixe à $350US. J'ai entendu que la situation dérapait complètement dans le village.

J'avais 2 jours de libre pour visiter Katmandu. Au lieu d'en profiter pour visiter les supers temples hindous, je suis restée couchée en permanence. Entre 2 livraisons, je me suis forcée pour aller au marché pour acheter quelques souvenirs, mais j'ai pas eu le temps d'en acheter tant que ça ! J'avais peur pour le vol du retour. être malade dans l'avion n'est pas génial non plus, mais c'est mieux qu'un hélico. Du Népal à Hong Kong, c'était pas mal pénible. J'ai été pas mal malade à l'aéroport de Hong Kong. Mais ensuite, Hong Kong - Toronto était correct. Le vol était 15 heures de long et j'ai tenu le coup.

En arrivant dans mon énorme château chauffé à Kitchener, je me suis immédiatement dirigée vers l'épicerie. J'étais certaine que mon estomac n'allait rien garder, mais après avoir mangé que des carbs pendant 3 semaines, je voulais des aliments frais ! Wow ! J'ai acheté la section fruits et légumes au complet ! Comme je m'y attendais, je n'ai rien gardé à ma première journée au Canada, mais a partir de la deuxième, j'étais correcte. J'ai passé une semaine complète malade où mon organisme ne gardait rien. À la seconde que mon estomac a commencé à garder la nourriture, dois-je vous dire à quel point je me suis empifrée cette semaine ? Je mangeais tout sur mon passage. J'étais affamée! Ça fait maintenant une semaine que je suis de retour et je crois bien avoir maintenant atteint un équilibre :)

Au début de mon voyage, je voulais retourner au Népal assurément pour faire un 3e trek. Maintenant que suis de retour, j'ai tellement été malade et toute la situation avec l'hélico m'a tellement fachée que ça ne me tente pas vraiment d'y retourner. Je suis montée à 5400m et je n'ai aucun désir d'aller plus haut. Je suis contente d'être allée à l'Everest, mais une fois c'était bien assez et je ne vais pas y retourner. Côté aventures, j'en ai eu assez pour un bout ! Je prends congé !

Après avoir eu tellement froid pendant 3 semaines, je vais aller me réchauffer à Cuba pendant le temps des Fêtes. Repos bien mérité !

À la prochaine,
Elise, THE SURVIVOR! :)